L’incroyable destin du comte de Langeron
Alexandre Louis Andrault, comte de Langeron, était l'unique enfant issu du mariage de Louis-Théodore Andrault et de Marie-Thérèse de Damas-Crux. Il était titré à sa naissance marquis de La Coste (du second titre de son père et portait également les titres de marquis de la Coste, baron de la Ferté, de Sassy et de Cougny, seigneur du Mont, de Bazolle de l'Isle de Mars et d'Alligny. Il était né à Paris, le 13 janvier 1763. Alexandre Louis Andrault était un fervent royaliste est un colonel français puis général de l'empire de Russie durant les guerres de la Révolution et de l'Empire.
Alexandre Louis Andrault descend de la Maison Andrault, une ancienne famille noble du Nivernais, connue dès le XIIIe siècle. Unique enfant issu du mariage de Louis-Théodore Andrault et de Marie-Thérèse de Damas-Crux. Il est titré à sa naissance marquis de La Coste (du second titre de son père) et 4ème comte de Langeron.
Tout comme son père et la plupart de ses ancêtres, Alexandre-Louis entame une carrière militaire à l'âge de 15 ans comme sous-lieutenant des Gardes-Françaises. La famille Andrault fait partie de la clientèle des princes de Condé depuis la Fronde, à ce titre il est tout d'abord capitaine au régiment de Condé dragons et participe à la guerre d'indépendance américaine. Il est ensuite promu colonel sous commandant du régiment d'infanterie de ligne de Médoc en 1786 et prend le commandement en tant que colonel du régiment d'Armagnac en 1788 et soutient la monarchie jusqu'à la Révolution.
Il abandonnera ses terres
de Langeron pour émigrer dès 1789. Il va offrir ses services à l’Autriche pour
combattre la France, mais sa proposition restera sa succès. Il réussit tout de
même à se faire engager en tant que colonel du régiment des grenadiers de
Sibérie par la reine Catherine II de Russie et combattra en compagnie du duc de
Richelieu à la bataille d’Izmaïl.
Il va faire la guerre à la République dans les Flandres et le Nord dans l’armée des Princes. Il est décoré par le Tsar Paul Ier et combat les troupes de Napoléon. Rendu responsable de la défaite lors de la campagne de Moravie, il entre en disgrâce. On va le surnommer le fossoyeur de la Moldavie et participera à la campagne de Russie. On le retrouve côté russe à la bataille de la Bérésina. En 1814, il revient en France et se bat à Soissons, Laon, Reims, Craonne, Fère-Champenoise et finalement à la bataille de Paris où le 30 mars 1814, il prend la batterie de Montmartre. Son bataillon étant en Allemagne, il ne prendra pas part à la bataille de Waterloo. Protégé par le duc de Richelieu, il va le rejoindre à Odessa en 1815.
En 1823, vieillissant, diminué « des suites de plusieurs blessures de guerre et notamment d'une blessure à la jambe lors de la bataille d'Ismaël », il entame un voyage vers son pays natal, où la royauté a été restaurée, et, profitant de sa fortune, en fait le tour pendant deux ans. Il va alors revenir sur ses terres de Langeron , mais au début de 1826, il est de retour en Russie où il est nommé membre du tribunal qui devait juger les Décembristes durant la révolution de décembre, où plusieurs dizaines d'insurgés sont abattus en Nouvelle Russie, soulèvement dirigé par son ancien beau-frère, le prince Troubetskoï dont il était resté proche.
Le nouveau Tsar, Nicolas
Ier, utilisera ses talents militaires dans sa nouvelle campagne contre les
Ottomans. À cette occasion, le comte de Langeron supervisera de nombreuses
batailles dans les Balkans et le Caucase en 1828 et 1829. Atteint par le
choléra qui décime ses troupes, il en mourra en 1831. Un monument funéraire lui
est élevé à l'église de l'Assomption d'Odessa.
Malgré son engagement antirévolutionnaire,
il ne saura jamais s’intégrer complètement en Russie et ne sera pas capable
d’obtenir de Louis XVIII et de Charles X les honneurs qu’il croyait dignes de
lui : en 1827, avec l’appui de son cousin Maxence de Damas, alors ministre de
Charles X, il sollicitera sa nomination à la pairie, qu’il n’obtiendra
finalement jamais.
Sa première épouse refusera de la suivre en Russie, sa seconde mourra en couche et sa troisième lui survivra. Lors de sa venue sur les terres de ses ancêtres, il parviendra à retrouver quelques ossements de ses pères qu’il placera dans une bière et les déposera dans le caveau sépulcral des anciens seigneurs de Langeron situé à l’intérieur de l’église. Un caveau qui, localisé sous le chœur, avait été profané à la révolution. Une inscription gravée sur des plaques de marbre noir scellées dans le mur comportera l’identité des sires de Langeron.
Pourtant, Il ne rejoindra jamais
ses ancêtres dans le caveau familial de Langeron, demeurant à jamais celui qui
avait trahi son pays par fidélité à la Monarchie Française.
Michel Benoit
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